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par Odile Garlin-Ferrard

a 22ème édition du Salon du Livre de Paris se tiendra du 22 au 27 mars 2002 à la Porte de Versailles. Il est organisé par le Syndicat National de l’Edition. Le Salon du Livre comporte cette année 516 exposants, 1250 éditeurs dont 389 étrangers sur 50000 mètres carrés d’exposition. Le salon du Livre c’est aussi 237 400 visiteurs dont 15658 professionnels et 1350 journalistes.

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Après l’Allemagne en 2001, le Salon accueille comme invitée d’honneur cette année, l’Italie et 60 de ses écrivains parmi lesquels Giorgio Agamben, Niccolo Ammaniti, Alberto Arbasino, Bruno Arpaia, Alessandro Baricco, Alberto Bevilacqua, Giuseppe Bonaviri, Dario Buzzolan, Roberto Calasso, Andrea Camilleri, Luciano Canfora, Franco Cardini, Massimo Carlotto, Gianni Celati, Pietro Citati, Vincenzo Consolo, Giuseppe Conte, Andrea De Carlo, Erri De Luca, Cesare De Seta, Daniele Del Giudice, Umberto Eco, Valerio Evangelisti, Vittoria Facchini, Ernesto Ferrero, Marcello Fois, Silvana Gandolfi, Cesare Garboli, Giordano Bruno Guerri, Roberto Innocenti, Fleur Jaeggy, Raffaele La Capria, Rosetta Loy, Carlo Lucarelli Mario Luzi, Valerio Magrelli, Claudio Magris, Dacia Maraini, Giovanni Mariotti, Giorgio Montefoschi, Giuliana Morandini, Piergiorgio Odifreddi, Tommaso Padoa Schioppa, Santo Piazzese, Claudio Piersanti, Bianca Pitzorno, Roberto Piumini, Giuseppe Pontiggia, Giorgio Pressburger, Giovanni Raboni, Elisabetta Rasy, Stefano Ricci, Mario Rigoni Stern, Edoardo Sanguineti, Tiziano Scarpa, Emanuele Severino, Susanna Tamaro, Patrizia Valduga, Sandro Veronesi, Marisa Volpi, Andrea Zanzotto.

Le Pavillon Italie (400 mètres carrés, 2000 œuvres exposées), inspiré de la Bibliothèque Palatine de Parme construite au XVIIIème siècle par le Français Ennemond Alexandre petitot est mis en scène pour l’occasion par Pier Luigi Pizzi.

De nombreuses rencontres sont prévues tout au long de ce Salon avec différents thèmes de discussion comme, par exemple, le 22 mars: Etat de la littérature italienne aujourd’hui et Le visage féminin de la littérature. Le 23 mars: Le nouvel élan de la littérature italienne, Penser le contemporain, Le Sud comme métaphore, Le polar aujourd’hui en Italie et en France; le 24 Mars: Derrière le paysage, Littérature et société, L’écrivain voyageur, Des classiques toujours modernes: à propos de Leopardi et de Pétrarque, Le Tasse, L’Arioste, Guichardin et Machiavel. Le 26 mars: Idée de la prose: entre essai et roman, Ecrire/traduire, Soirée lecture-poésie, De l‘histoire au roman. Et chaque jour, Une heure avec… soit une quarantaine de rencontres lectures avec un écrivain italien. Toutes ces rencontres et lectures sont organisées par le Centre National du Livre et l’Associazione Italiana Editori. La venue de l’Italie à Paris au salon du Livre suscite quelques polémiques relayées par la presse française et notamment le très sérieux quotidien «Le Monde».

Silvio Berlusconi
«Persona non grata»

Catherine Tasca a déclaré en effet qu’elle refuserait d’inaugurer ce salon en compagnie de Silvio Berlusconi (cf «Le Monde» du 31 Janvier 2002). Dans le même temps, Antonio Tabucchi déclarait à la presse: «Madame Tasca a le droit d’avoir sa vision de la culture, celle qu’elle défend dans dan son livre (Un choix de vie): la culture n’est pas une marchandise. Elle a aussi le droit de la défendre ouvertement face à un homme pour qui la culture est précisément une marchandise!» (Hebdomadaire Telerama du 16 au 22 février).

Andrea Camilleri, l’écrivain sicilien le plus populaire d’Italie, après avoir, lui aussi, vigoureusement attaqué Silvio Berlusconi en déclarant qu’il était «le mal absolu», avait dés le 8 Février 2002 fait parler de lui dans le dossier littérature du Journal «Le Monde» en annonçant qu’il viendrait au Salon du Livre à ses frais.

Vincenzo Consolo a pour sa part pris la parole le 5 février lors de la conférence de presse de présentation du Salon du Livre pour énoncé lui aussi qu’il ne voulait pas «être l’invité du gouvernement italien» Francesca Sanvitale a adopté des positions similaires.

Le vice Président des éditeurs italiens, Gianni Vallardi s’en est ému et demandé à ce que l’on ne confonde pas «les problèmes politiques avec ceux de l’édition, du développement de la culture et du livre». L’affaire a déclenché une tempête au Syndicat national de l’édition (Sne) et la Fnac est même allée jusqu’à placer son café littéraire sous le thème Livre , culture, démocratie et tolérance. En dépit des polémiques, les amoureux de l’Italie et de la littérature italienne se réjouissent à l’avance de la tenue de ce salon car il va permettre aux français, de lire, de relire ou de découvrir la littérature italienne si riche et si particulière. De nombreuses traductions de livres italiens accompagnent l’événement et à côté de Baudolino», dernière parution d’Umberto Eco et du 3ème tome des œuvres complètes de Sciascia, traduites et annotées par Mario Fusco, un nombre étonnant de jeunes écrivains est à découvrir avec gourmandise dans tous les domaines de la littérature italienne.

Ainsi en France en ce mois de Mars, ce sont les livres des auteurs italiens que les libraires ont exposé au premier plan. Dans tous les journaux et les revues littéraires de ce mois ci, l’Italie est réellement à l’honneur pour sa littérature mais ce sont aussi tous les aspects de l’Italie qui y sont évoqués, impossible d’échapper en «France aujourd’hui» à un fort désir d’Italie et de littérature italienne. Compte tenu du nombre de périodiques publiés en France, seulement certaines de ces revues seront ici examinées. Il faut commencer par «La Nouvelle Revue Française» qui avait, dés son numéro de janvier 2002, consacré avant toutes les autres revues littéraires un très riche dossier sur la littérature italienne avec de nombreux inédits posthumes de Leopardi, de Pasolini ou encore de Primo Levi, des poèmes d’Erri De Luca, un entretien intéressant avec Tabucchi, un extrait de roman de Melania Mazzucco, une nouvelle de Camilleri…

La toute nouvelle et élégante revue «Senso» consacre son numéro de mars à l’Italie. C’est un magnifique dossier qui réunit à la fois la littérature, la photo, le cinéma, la musique , la sculpture, l’architecture et la cuisine italiens. Les plus grands amoureux de l’Italie y ont mêlé leurs plumes pour restituer aux lecteurs les odeurs et les impressions de l’Italie. «Senso» ne s’est pas contenté de présenter sur le plan de la littérature les jeunes écrivains italiens talentueux, un très bel article est consacré à l’histoire de l’édition et des éditeurs italiens, un autre ressuscite ce magnifique écrivain, aujourd’hui oublié en France que fut Mario Soldati, mort à 93 ans en 1999, on peut enfin trouver aujourd’hui ses Lettres de Capri dans toutes les bonnes librairies françaises traduites dans la très belle version des Editions Autrement.

Alberto Moravia a également droit à quelques pages intelligentes qui donneront aux français le goût de le lire ou de le redécouvrir. Plusieurs pages sont également consacrées aux plus belles villes et régions d’Italie et à leurs auteurs, sont ainsi évoquées notamment la Ferrare de Bassani au travers du fabuleux Jardin des Finzi Contini ou encore la Lucanie de Carlo Levi.

Le grand quotidien «Le Monde» qui chaque semaine consacre un dossier à la littérature a ouvert son numéro du Vendredi 8 mars avec un commentaire sur les derniers récits de Marcello Fois, ce jeune écrivain sarde plein de talents Gap et Nulla. Figurent également dans ce numéro en bonne place, Gianni Celati avec ses Aventures en Afrique qui nous entraine sur les hautes terres du Mali des Dogons.

«Le Monde» a également choisi de commenter deux récits émouvants de deux femmes écrivains déjà disparues et trop méconnues du public Français, Marisa Madieri, qui fut la compagne de Claudio Magris, pour son « Verde d’acqua » et Patrizia Runfola pour Lezioni di tenebre. «Le Monde» a beaucoup apprécié aussi Giuseppe Montesano, dont on parle partout beaucoup pour son récit Nel corpo di Napoli. Une pleine place est encore consacrée aux auteurs de Giallo tels Valerio Evangelisti , Maurizio Braucci, Carlo Lucarelli pour ne citer que les principaux. La revue mansuelle, le «Magazine littéraire» de mars a lui aussi réuni un dossier très complet sur «L’Italie aujourd’hui».

C’est ainsi que les lecteurs découvrent Les jeunes cannibales qui ont pour nom Niccolo Ammani, Je n’ai pas peur, Aldo Nove Amore moi infinito, Andreas Pinketts, Sandro Dazieri, Carlo Lucarelli, Tiziano Scarpa, Venise est un poisson ou, encore, Valerio Evangelisti.

Les femmes telles Silvia Ballestra, Les Ours, Rossana Campo, A la folie, Susanna Tamaro, Cristina Commencini ne sont pas oubliées à côté de leurs aînées comme Rosetta Loy dont le dernier récit, La porte de l’eau connaît déjà un beau succès en France, Grazia Deledda, Sibilla Aleramo, Elsa Morante, Anna Maria Ortese, Francesca Sanvitale ou de celles qui ont disparu bien trop tôt telles là encore, Marisa Madieri pour son magnifique et subtile Vert d’eau ou Patrizia Runfola pour ses belles Leçons de ténébres évoquées également dans le dossier Littérature du journal «Le Monde».

La «Nouvelle vague du Sud» nous est présentée au travers d’écrivains comme Giuseppe Montesano, Maurizio Braucci, Bruno Arpaia, Carmine Abate, Gabriele Frasca ou le déjà très apprécié Erri De Luca. Ce mouvement littéraire privilégie les récits partant de faits réels dans la droite lignée de Leonardo Sciascia ou de Vincenzo Consolo et plante l’action de ses romans plutôt à Naples ou à Palerme. Deux grands écrivains qui n’ont plus à être reconnus occupent une bonne place dans ce dossier, il s’agit d’Umberto Eco dans un entretien avec Fabio Gambaro sur son dernier roman Baudolino et d’Andrea Camilleri dont les différents romans policiers ou gialli sont cités.

Dario Fo, prix Nobel de littérature, est également largement évoqué avec Antonio Tabucchi dont le dernier roman épistolaire Il se fait tard, de plus en plus tard pourrait, compte tenu des polémiques suscitées autour de ce Salon du Livre, résonner comme un avertissement face à la situation politique italienne. Les intellectuels qui ont dominé la littérature italienne du siècle dernier (Pasolini, Moravia, Calvino, Primo Levi) continuent de nous être indispensables et ce dossier leur consacre plusieurs pages. Le dossier rappelle aussi que les textes fondateurs de la littérature italienne ont fait l’objet en France de traductions de plus en plus nombreuses depuis 1970 grâce à Jacqueline Risset qui a ouvert la voie avec sa traduction géniale en édition bilingue de la Divine Comédie et permettent donc aux Français d’accéder facilement aujourd’hui aux classiques italiens.

Après une interview pessimiste de Cesare Garboli qui trace un constat sévère d’une littérature qui selon lui manque de grands auteurs, il est rappelé dans l’article suivant que la philosophie italienne s’ouvre aux débats et aux thèmes qui dominent la scène internationale notamment au travers du "site web italien de philosophie". Le roman historique italien traditionnel depuis Les fiancés d’Alessandro Manzoni et les Confessions d’un italien d’Ippolito Nievo jusqu’aux Vice rois de De Roberto sans oublier Le Guépard de Tomasi De Lampedusa sont aussi évoquées dans ce volumineux et précieux dossier, les œuvres d’Alberto Bevilacqua, de Renzo De Felice, Sandro Veronesi, Bruno Arpaia ou encore de Romana Pietri et bien sûr de Paolo Mieli, historien et directeur de l’édition chez Rizzoli pour ses deux récents essais La storia, le storie et Storia e politica. Ce dossier se referme sur un entretien avec Claudio Magris à propos de sa quête autobiographique amorcée dans les années 1960 et une étude sur la réalité politique italienne d’ Ilvo Diamanti.

Le magazine mensuel «Lire» a titré son numéro de Mars 2002: Viva l’Italia et consacre quelques pages aux jeunes écrivains italiens, à quelques autres déjà reconnus et aux classiques de la littérature italienne maintenant largement traduits en France. Un extrait du roman Né deux fois de Giuseppe Pontiggia est proposé aux lecteurs ainsi qu’un large choix de guides touristiques ou gastronomiques originaux des différentes régions d’Italie. Le magazine hebdomadaire «Telerama» qui consacre chaque semaine une rubrique aux livres avait dans la semaine du 26 janvier au 1er février fait paraître un bel article sur des écrivains solitaires dont Erri De Luca et commenté le dernier roman épistolaire de Tabucchi.

Depuis, ce même magazine a ouvert ses pages au roman de Niccolo Ammaniti, Je n’ai pas peur («Telerama» de la semaine du 2 au 8 février). Le Salon n’ayant pas encore tout à fait ouvert ses portes, les Français peuvent encore espérer lire dans leur presse quelques bons articles sur la littérature italienne et ses écrivains…

Voglio, alla fine di questo articolo, scrivere una dedica alla mia cara amica Giovannella Moncada, incontrata un anno fa sul sito de "La Libreria di Dora". Abbiamo tanto parlato insieme di letteratura italiana e francese, e, dopo il nostro incontro, l’estate scorsa a Napoli, siamo divenute carissime amiche. Il mio pensiero va a lei, che sta vivendo ora i momenti più difficili della sua vità con tanto coraggio. Vorrei che questa dedica, pegno della mia amicizia per lei, potesse aiutarla a lottare con sempre più vigore. (Da Odile per Gio).

La culture, est elle une marchandise?
(L'Italie et 60 de ses écrivains, invitée d'honneur au Salon du Livre)

Une inauguration bien mouvementée
(Le pavillon italienne occupé par des «communistes»)

L'Italie du refus
(Après son inauguration fracassante,
le Salon du livre se poursuit avec ses débats et ses auteurs...)

Bilan de la manifestation
(Le succès des auteurs italiens a pris les éditeurs par surprise)

Milano, 18 marzo 2002
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