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Rome, Naples et Florence (1826) |
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Toutefois ce voyage se situe entre la réalité et limaginaire puisque Stendhal va évoquer des lieux où il nest en réalité jamais allé. De même, des sensations enfouies et de nombreuses anecdotes viennent ponctuer ce récit Et à partir du moment où Stendhal doit quitter Milan, le ton change, partout où il passera, il fera partager au lecteur son regret de Milan.
Durant les journées, Stendhal se promène dans Milan, «ce quil y a de plus agréable pour moi, à Milan, cest de flâner», visite les églises, va admirer la cène de Léonard De Vinci dans le couvent delle Grazie ou se rend au musée de Brera où il contemple le Mariage de la Vierge de Raphaël, les plâtres des statues de Michel Ange et de Canova tout en dévoilant au lecteur ses principaux itinéraires de promenade. Il aime ,la nuit, contempler longtemps le Dôme «éclairé par une belle lune» et ne manque pas loccasion de rappeler que «cest à Napoléon que lon doit la façade demi gothique et toutes les aiguilles du côté du midi, vers le Palazzo Regio». Stendhal livre ses idées et régle ses comptes, ainsi, il fait lapologie de Napoléon ou encore de Vincenzo Monti quil considère comme «le Dante ressuscité au XVIIIéme siècle». En revanche, il népargne ni Madame de Staël, ni Voltaire ni même ses compatriotes, en parlant du gouverneur de Milan, le Comte Saurau, il dit de ce dernier: «Cest un homme de beaucoup dinstruction il a ce tact fin pour les beaux arts que lon ne trouve jamais chez lhomme de lettres français, à commencer par Voltaire» Il dénonce au passage les murs des prêtres milanais «Vers cinquante ans, les prêtres du milanais deviennent ivrognes, ou bien ils se convertissent, souvent après la mort dune maîtresse ; alors ils se livrent à des pénitences extraordinaires, et cherchent à persécuter leurs jeunes collègues En 1792, les prêtres de toute lItalie furent très scandalisés de la tenue décente des prêtres français émigrés». Finalement, trois mois après son arrivée, en décembre 1816, Stendhal sera contraint de quitter Milan et poursuivra son voyage. Il sarrête quelques jours à Pavie qui possède luniversité «la plus savante dItalie», puis rejoint Plaisance et Parme pour y admirer les fresques du Corrège. Il arrive ensuite à Bologne où il séjournera deux mois. Cette ville qui a «beaucoup plus desprit, de feu et doriginalité que Milan» et sur laquelle les Carrache ont laissé leur empreinte, plaît à Stendhal même sil «pense toujours à Milan». Stendhal confie alors: «lamour ne se commande pas ; mon cur a été pris par la douceur et le naturel des manières milanaises». et «cest, je crois, pour la vie que je suis amoureux des façons naïves des heureux habitants de Milan». Stendhal profite de la ville, il va voir notamment la «fameuse tour qui penche», la Garisenda, léglise Saint Dominique où repose le corps du saint et dans laquelle se trouvent des statues de Michel Ange. Lauteur prête ici encore une oreille attentive aux anecdotes que lui rapportent dans les soirées les Bolonais qui ont «tant desprit» et lon devine que, compte tenu de la saison, il ne sort guère la journée que pour se rendre au Musée de la ville ou sur la belle promenade du casalecchio, passant beaucoup de temps à lire, à prendre des notes et en visite. Il quitte Bologne en janvier 1817 et arrive peu de temps après, très ému, à Florence, ville du Moyen âge quil va découvrir et où il ne demeurera seulement quune dizaine de jours. Il aura le temps de visiter Santa Croce, le panthéon des gloires italiennes, léglise del carmine, San Lorenzo pour y découvrir les tombeaux des Médicis, le dôme, Santa Maria del Fiore, le Palazzo Vecchio «cette forteresse , bâtie en 1298 par les dons volontaires des négociants au milieu de la plus belle place de Florence». Toutefois, Stendhal trouvera que «tout est pauvre au théâtre de Florence.. cest comme une ville de France du troisième ordre» et que «Florence, située dans une vallée étroite, au milieu de montagnes pelées a une réputation bien usurpée. Jaime cent fois mieux Bologne ». Stendhal poursuit son voyage à Volterra «placée au point le plus élevé dune haute colline», puis à Castelfiorentino où il passera chez des paysans «une soirée délicieuse» à écouter des contes. Enfin, il atteindra Naples le 9 Février 1817 dans laquelle il va loger cinq mois, admirant le Vésuve et la mer de ses fenêtres. Il fréquente comme dans chaque ville les théâtres et notamment le fameux San Carlo qui lenchante au premier abord et dont il décrit les brillantes soirées, estimant toutefois quelques soirées plus tard que le «San Carlo comme machine à musique est tout à fait inférieur à la Scala» Stendhal juge que Naples «est la seule capitale de lItalie» et profite de ses environs.. Après son ascension au Vésuve, Stendhal confie «cest la plus grande fatigue que jai éprouvé de ma vie». Il se rend à Pompeï trois fois par semaine, selon ses dires, «par là seulement, on connaît lantiquité», visite lîle dIschia, napprécie guère le charme de Caserta mais est séduit par Portici et Capodimonte. Stendhal indique quil part visiter le site de Paestum (alors quen réalité, il ny est jamais allé tout comme en Sicile), la Calabre, une partie des Pouilles avant de rejoindre Rome le 1er Août 1817. A Rome, il dénigre le chant des castrats dans la chapelle sixtine, voit le pape à Saint Pierre, a sa loge au théâtre dArgentine et livre au lecteur dautres anecdotes et sensations. Ce ne sera quun peu plus tard dans Promenades dans Rome que Stendhal, enfin conquis par Rome, nous livrera de précieuses informations, utiles à tout voyageur , sur la ville éternelle. A cura della Redazione Virtuale 26 maggio 2001 |
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